A history of violence

Réalisé par David Cronenberg
Avec Viggo Mortensen, Maria Bello, Ed Harris
USA - 2004 - 1h30
Tom McKenna, un père de famille à la vie paisiblement tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense son agresseur dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique, dont l'existence est dorénavant connue du grand public...
Autre film de la cuvée 2005 du festival de Cannes, "A history of violence" est sans doute le film qui va permettre au réalisateur canadien David Cronenberg de revenir sur le devant de la scène. En effet depuis "Crash", qui avait déjà reçu le prix spécial du jury à Cannes en 1996, Cronenberg s'est fait beaucoup plus discret. Certes c'est un avis plutôt personnel: je n'ai pas réellement trouvé "eXistenZ" super transcendent et je n'ai pas vu "Spider". Enfin bref, le cinéaste revient aujourd'hui avec un film de commande certes, mais aussi un de ces meilleurs films malgré le fait qu'il soit très accessible.
On peut diviser son oeuvre en trois actes:
Premier acte: Le portrait d'une famille américaine parfaite:
C'est la partie du film la plus déstabilisante. En effet, si Cronenberg ne nous aurait pas montrer cette scène d'introduction (avec un magnifique plan séquence de 4 minutes d'ailleurs), je pense que je n'aurais même pas voulu voir la suite du film. Cette scène donc nous montre avec subtilité une atrocité. Deux braqueurs viennent de faire un massacre dans un motel, leurs comportements est banal, le tout est filmé simplement, sans le moindre artifice. Et là donc, survient la grosse partie "Portrait of an american family". On pourrait à la limite comparer cet acte à du concentré de Paul Verhoeven, sans atteindre son summum satyrique ni sa subtilité à dissimuler ce côté sarcastique. Bref, Tom a une superbe épouse, un super garçon qui préfère le dialogue à la violence et une superbe fille qui fait des cauchemars la nuit à propos de monstre dans le placard (comme c'est mignon). Notre belle famille (sans Cody cette fois ci: OK elle était facile celle là...) vit paisiblement dans une bourgade perdue au milieu de l'Amérique puritaine.
Jusqu'au jours où les deux braqueurs en question débarquent dans le cofee chop de Tom.
Deuxième acte: L'ascension de la violence et ses conséquences:
Et là tout se chamboule, l'acte de violence commis par Tom va le faire basculer dans un autre monde, la mafia lui court après à cause d'un soi disant mal entendu, la tension monte. Jusqu'au point de rupture et surtout jusqu'à ce que l'on apprenne la vérité sur Tom. La violence s'est établie dans la famille petit à petit, le fils se rebelle au lycée, et Tom commet l'irréparable d'établir sa propre justice. Son passé l'a rattrapé, sa femme n'a plus confiance et la violence conjugale est aussi de mise, avec une sorte de viol concentrant entre Tom et son épouse. C'est sans doute l'acte le plus surprenant grâce à son retournement de situation très soudain.
Puis vient le doute, la confiance de la famille de Tom mais aussi de son entourage est ébranlée.
Troisième acte: La recherche de la rédemption de son passé:
Tom ne voit qu'une seule solution à ses problèmes: les affronter et non les fuir comme il a pu faire dans son passé. Là le film prend une nouvelle tournure, on se croirait presque dans le remake de "Kill Bill Vol 2". Tom fait face à ses démons passés et se retrouve devant son frère qui a suivi un autre chemin. Ici Cronemberg nous met dans une situation ambiguë en nous montrant la réussite du frère de Tom, un peu comme si il nous demandait de choisir notre camps.
La fin du film est certes conventionnelle, mais c'est une belle fin, très humble à mes yeux.
Le cinéaste canadien parvient donc ici à nous pondre un pur produit de commande (décidément c'est à la mode ces derniers temps, faudrait pas qu'ils se reposent trop sur leurs lauriers!) mais qui possède quand même un bon nombre de qualité artistique propre à son univers tel que ce côté ambigu en terme de prise de position et puis surtout le côté trash des scènes de violence qui ne dérogent pas à la réputation du réalisateur de "La mouche".
A noter que Viggo Mortensen joue ici son meilleur rôle avec celui de Frank dans "The indian runner" de Sean Penn (et non les filles je ne citerais pas la trilogie du "Seigneurs des anneaux" rien que pour faire chier!!!).
Une très bonne surprise finalement qui ne fera sûrement pas l'unanimité au niveau de la critique presse mais qui mérite d'être vu pour sa thématique sur la rédemption qui est un sujet très passionnant, mais aussi pour cette vision de la violence assez particulière, car ne l'oublions pas tout tourne autour de la violence ici.