Entre ciel et terre

Publié le par Travisisdead

Réalisé par Oliver Stone
Avec Hiep Thi Le, Tommy Lee Jones, Joan Chen
USA - 1993 - 2h15

L'épopée de Ly et de sa famille, avant, pendant et après la guerre du Vietnam. Sa lutte contre les troupes gouvernementales qui investissent son village, sa fuite à Saigon, son mariage avec un soldat américain, son départ pour l'Amérique et puis son retour avec ses deux fils.

Bon je ne vais pas lancer le débat concernant les talents de Mr Stone, certains le détestent, d'autre le vénèrent (je penche pour le deuxième cas de figure, mais ces derniers temps j'ai commencé à avoir l'habitude d'être déçu par le réalisateur...).
Ici il est question du dernier volet de la trilogie sur la guerre du Vietnam, entamée en 1987 par le troublant et à la fois envoûtant "Platoon" et poursuivi en 1990 par l'un des seul bons films avec Tom Cruise: "Né un 4 Juillet".

"Entre ciel et terre" est vraiment un film à part dans la filmographie d'Oliver Stone tout comme le récent et relativement (pour ne pas dire foncièrement) mauvais "Alexandre". En effet, on a affaire ici à son unique film traitant sur le thème de l'amour. Bon il est vrai que tout ceci se fait sur fond de guerre et que la principale relation amoureuse ne se fait qu'au bout d'une heure de film, mais il est assez étonnant de voir comment ce réalisateur engagé en parle. C'est assez maladroit pour tout dire, mais heureusement qu'il ne perd pas de sa hargne pour nous offrir une fin de film poignante et plutôt déprimante en terme de moral.

Il est quand même vrai que cette histoire vraie possède un bon potentiel à faire un grand film, une épopée individuelle comme celle de Ly étant tout simplement hors du commun.
Il faut tout de même attendre plus de la moitié du film (l'arrivé de Ly aux USA) pour voir apparaître le style de Stone post 80's: avec ses nombreux délires visuels à savoir caméra portée nerveusement, plan plus recherchés, et surtout jeux de lumière limites psychédéliques.
Une sorte d'hommage à son propre cinéma comme si avec ce dernier volet de sa saga vietnamienne il aurait voulu montrer ce qu'il faisait avant et ce qu'il fait à présent. A méditer.

Malheureusement, même si on ressent la haine que peut avoir le réalisateur face à l'Amérique entière (avec des scènes de toute beauté nous montrant le choc des cultures grâce à la société de consommation américaine), il tombe quand même dans certains cliché, surtout quand il parle d'amour et de spiritualité. Stone n'est pas quelqu'un de fin c'est bien connu.
Mais bon pour un essaie dans le domaine, c'est quand même plutôt bon.

On doit d'ailleurs reconnaître que personne d'autre n'aurait pu réussir un tel résultat et surtout transmettre cette haine communicative contre son propre pays, c'est même osé en fin de compte.
On ne peut qu'apprécier le geste de Mr Stone, qui prouve ici encore un fois qu'il a des c******* là où il faut et que malheureusement il est l'un des seuls à avoir des revendications défendables.
En espérant que son projet de film sur le 11 septembre possède cette haine qu'il semble avoir perdu ces derniers temps...
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Publié dans Cinéma

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