As tears go by

Publié le par Travisisdead

Réalisé par Wong Kar-Wai
Avec Maggie Cheung, Andy Lau, Jacky Cheung
Hong-Kong - 1988 - 1h38

Ah Wah, un petit gangster, sévit dans Kowloon, un quartier insalubre de Hong Kong où le vice, le crime et la violence sont quotidiens aux côtés de son meilleur ami, Fly. Epuisé par cette spirale de violence, il souhaite fuir le monde impitoyable des triades, et mener enfin une vie meilleure aux côtés de celle qu'il aime, sa cousine, Ah Ngor (Maggie Cheung), arrivée de puis peu à Kowloon. Mais Fly est endetté fortement auprès d'un chef de gang qui cherche à l'éliminer. Piégé par sa loyauté envers Fly, Ah Wah doit aller à son secours et ne peut échapper à son destin ...

Premier film de Wong Kar-Wai, il en est aussi son moins bon malheureusement. Pourquoi? Tout simplement car il s'agit là d'un film relativement impersonnel, avec un sujet typique des productions de Hong-Kong de la fin des années 80 (mafia+amitié+amour).

Tout d'abord, c'est évident que Kar-Wai s'est fortement inspiré de "Mean Street" de Martin Scosese pour son film (on peut même parler de remake officieux), avec deux personnages principaux similaires.
Ainsi, Andy Lau reprend le rôle de Harvey Keitel et Jacky Cheung celui de Robert De Niro.
Par contre le déroulement de l'histoire s'affranchis par la suite avec des situations différentes.
De plus, Maggie Cheung s'offre ici son premier vrai rôle et s'émancipe de son personnage de May dans les Police Story" pour notre plus grand plaisir.

Là où tout devient intéressant c'est de l'évolution du réalisateur en terme de réalisation. On peut constater qu'il a fait pas mal de chemin le bougre! Non pas que son "As tears go by" soit mal réalisé, on s'aperçoit qu'il ne possède pas autant d'âme que la plupart de ses prochaines oeuvres. Il ressemble à quasiment n'importe quel autre films du genre, avec un ressentiment d'influence très américaine comme on peut le constater lors de la scène (très limite) qui fait appel à la reprise de "Take my breath away" en version cantonaise.
D'ailleurs on ne peut pas nier l'influence de certains réalisateurs américains pour la réalisation (Tony Scott, Scorsese...) mais aussi d'autre de Hong-Kong (Ringo Lam, John Woo...) mais malgré cela, Wong Kar-Wai nous montre quand même quelques magnifiques plans qui laissent entrevoir sa personnalité artistique qu'il développera dans ses futurs films.

On peut donc s'émerveiller face à trois scène; les deux scènes lorsque Andy Lau se venge de son ami: caméra à l'épaule avec une photographie impeccable.
Et la scène finale: qui, en plus d'être très John Wooesque, utilise un ralentie propre à Kar-Wai: celui que l'on peut voir mainte fois dans "Chungking Express", "les anges déchus" et "Happy together".

Scénaristiquement, le tout est bien développé malgré une trame relativement classique.
Par contre l'histoire d'amour m'a un peu troublé je l'admet, à cause principalement du fait que les deux tourtereaux ont un lien familial (cousin/cousine), mais bon c'est un choix.

Pour résumer, on voit bien que c'est un film de commande (malgré le fait que ce soit Wong Kar-Wai qui signe le scénario), mais le réalisateur arrive tout de même à s'imposer d'une belle façon pour un premier film. A voir pour les fans de films de triade genre 80's ou pour constater de l'évolution du nouveau maître du cinéma de Hong-Kong.

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Publié dans Cinéma asiatique

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