Les portes de la gloire

Réalisé par Christian Merret-Palmair
Avec Benoît Poelvoorde, Michel Duchaussoy, Etienne Chicot
France - 2001 - 1h35
Dans le Nord de la France, Régis Demanet est commercial à Pégase, une petite société de vente à domicile. Ce chef tyrannique d'une escouade de VRP farfelus voit débarquer sous ses ordres Jérôme Le Tallec, le futur gendre du patron. Le nouvel arrivant tente de s'intégrer et devient le témoin des méthodes peu orthodoxes de ces mercenaires du porte-à-porte. Avec d'autres commis voyageurs, Balzac, Patrick Sergent et Michel Moineau, Jérôme sillonne les routes de France et investit les quartiers pavillonnaires pour y imposer aux crédules l'achat des cinq volumes de l'encyclopédie fantaisiste de Ralph Spiegel, un pacifiste visionnaire et idéaliste. Régis voit en la venue de Jérôme une occasion pour réaliser ses ambitions personnelles au sein de Pégase. Dans sa quête de pouvoir, il est guidé par son mentor, l'emblématique Colonel Nicholson, l'officier martial du "Pont de la Rivière Kwaï".
Faire un film avec Benoît Poelvoorde est une garantie de succès, même si vous ne possédez pas un scénario extraordinaire, le bonhomme réussira à en faire un bijou d'humour décalé avec des dialogues cultes. Et "les portes de la gloire" n'échappe pas à la règle. Pour preuve, la première partie du film se focalise sur le personnage de Jérôme, interprété par un Julien Boisselier lunaire, mais c'est à partir de la moitié du film que Poelvoorde se fait plus omniprésent et que le film devient plus intéressant. Non pas que Julien Boisselier soit un mauvais acteur, mais il ne fait pas le poids face au charisme (ou plutôt "non charisme") de l'acteur belge. En effet, il est bien le seul à pouvoir interpréter ce genre de personnage, looser dans l'âme persuadé qu'il arrivera un jour à quelque chose de grand (tout comme dans "Podium" ou "Narco").
Les répliques cultes pleuvent moins que dans ces deux derniers films cités mais quelques perles font mouches, notamment le "Arrêtes de faire ta tête de "Monsieur, votre bite a un goût" ", tout simplement jubilant.
Ca ressemble à du film belge, dans l'esprit du "Vélo de Ghislain Lambert" ou de "Aaltra" avec des moments simple, limite émouvant, grâce toujours en partie au personnage de Poelvoorde, mais c'est un film français, certes co-scénarisé avec l'acteur principal. Et ça se ressent.
Sinon le film n'est pas non plus extraordinaire, ce n'est en quelque sorte qu'une simple démonstration de son talent. A noter quand même les rares apparitions plutôt sympa de Jean-Luc Bideau, qui lui aussi se cantonne de jouer un rôle très similaire à ce qu'on lui connait. Bref les fans de "H" ne seront pas dépaysés.
Le réalisateur joue sur les caricatures, que ce soit au niveau de la population du nord de la France ou bien celle du Sud, avec une certaine subtilité mais toujours avec un peu de cynisme. C'est plutôt bien fait dans l'ensemble, vu que ça ne tombe pas sur de la méchanceté gratuite. Ainsi le film est marqué par une nette séparation au niveau visuel, passant du ton grisâtre des Chti pour des couleurs chaudes bien de chez nous ;).
Bon la fin du film est quand même très terre à terre, avec une petite morale sur fond de citation de Giacomo Leopardi, auteur de poème italien et philosophe que je ne connais pas, je ne veux pas faire le bouffon mais dont les idées ont l'air intéressante, mais malgré tout la pilule passe.
Pour ceux qui ne connaissent pas le réalisateur Christian Merret-Palmair, c'est plutôt normal, il signe ici son premier film mais était déjà un compère à Poelvoorde lors de l'époque Canal +. Et oui, c'est le réalisateur des "Carnets de Mr Manatane", oeuvre culte du PAF, vénérable pour son côté trash et totalement insolent. Espérons pour lui qu'il ne s'arretera pas à ce film et surtout qu'il nous ponde quelque chose dans le même délire que Mr Manatane.
Voilà, il n'y a pas grand chose à dire de plus sur ce film, très sympa, on y passe un bon moment, la référence au "Pont de la Rivière Kwaï" est bien trouvé et la critique du métier de VRP est acerbe. A voir!